Saint-marcellin

Le Saint-Marcellin est un des fromages qui plaisent le plus en ce moment, sans doute à cause de sa saveur douce, fruitée légèrement acidulée qui évoque un peu le goût du lait.

Une récompense royale

Le Saint-Marcellin est connu depuis longtemps. En 1447, le Dauphin, futur Louis XI, partit à la chasse dans la forêt de Lente, sur ses terres du Dauphiné. Il s’éloigna du groupe et se trouva nez à nez avec un ours énorme. Prenant peur, il cria et invoqua tous les saints. Par chance, Richaud et Bouillane, deux bûcherons qui vivaient près de là, entendirent ses appels. Ils accoururent, mirent l’animal en fuite et emmenèrent le Dauphin dans leur cabane. Pour le réconforter, ils lui offrirent du pain et du Saint-Marcellin. Soulagé, le futur monarque promit d’anoblir ses deux sauveurs et de leur donner 10 000 écus chacun. Les deux bûcherons furent anoblis, mais ils attendent toujours les écus… Devenu roi, Louis XI se fit régulièrement envoyer des Saint-Marcellin dans ses châteaux de Plessis-lès-Tours et du Louvre.

Dégustation

Aujourd’hui, on apprécie surtout le Saint-Marcellin affiné : sa pâte onctueuse est une crème délicieuse, qui se pâme et s’écroule. Elle a un goût délicat, tout en offrant un peu de puissance.
A l’occasion d’un dîner de six convives, vous pouvez offrir trois ou quatre excellents Saint-Marcellin à la fin du repas : succès garanti ! Quant à moi, j’aime le déguster dans la journée, pour satisfaire une petite faim. Je le tartine sur une grosse tranche de pain de campagne grillée : essayez, c’est absolument délicieux ! Le Saint-Marcellin se mange également sec. (Sa fabrication est alors un peu différente.) On entend parfois dire que c’était autrefois un fromage de chèvre. Personnellement, je ne l’ai jamais connu qu’au lait de vache.